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Vue aérienne et visite virtuelle 360 : la combinaison, avec ou sans drone

Le plan aérien et la visite 360 répondent à deux questions différentes d'un acquéreur. Savoir lesquelles évite de payer pour une vue qui ne lèvera aucune objection.

Par Pascal LopesPublié le 14 septembre 20268 minutes de lecture
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On les vend souvent ensemble, rarement en expliquant pourquoi. Pourtant le plan aérien et la visite virtuelle répondent à deux questions différentes d'un acquéreur, et il y a des biens où payer les deux n'a aucun sens.

Ce que chacun montre, et ne montre pas

La visite virtuelle 360 répond à une question d'agencement. Elle dit comment les pièces s'enchaînent, où tombe la lumière, quelle est la vraie distance entre la cuisine et le séjour. Ce qu'elle ne dit pas, c'est ce qu'il y a derrière le mur du fond et à quoi ressemble la rue.

La vue aérienne répond à une question d'implantation. Elle dit la surface réelle du terrain, l'orientation, la distance aux voisins, ce qu'on voit depuis la terrasse et ce que les voisins voient de vous. Ce qu'elle ne dit pas, c'est si le couloir est étroit.

Un acquéreur se pose les deux questions, mais pas au même moment. L'implantation tranche en amont, c'est elle qui fait éliminer un bien en trois secondes. L'agencement tranche plus tard, quand le bien est déjà dans la liste courte.

Vue aerienne en plongee d'un lotissement pavillonnaire avec jardins et rues
Ce qu'une photo au sol ne dira jamais : la taille réelle du terrain, l'orientation et la distance aux voisins.

Les trois situations où la combinaison change tout

1. Le bien dont le terrain est l'argument principal

Une maison correcte sur deux mille mètres carrés arborés se vend sur le terrain, pas sur la cuisine. Au sol, deux mille mètres carrés ressemblent à n'importe quoi. Vu du ciel, la parcelle se lit d'un coup, avec ses limites, ses arbres et son exposition. C'est le cas où le plan aérien rapporte le plus.

2. Le bien dont l'environnement est le doute

Un acquéreur à distance a une crainte permanente : ce qu'on lui cache hors cadre. Une zone d'activité derrière la haie, une départementale à trente mètres, un voisin collé au pignon. Montrer l'environnement de son plein gré désarme cette crainte, et les biens qui n'ont rien à cacher y gagnent doublement.

3. Le bâti qui ne se comprend pas depuis le sol

Corps de ferme en L, dépendances, toitures multiples, grange attenante. Le patrimoine rural du sud-ouest en est plein. Depuis la cour, personne ne comprend comment les volumes s'articulent. Une seule vue en hauteur règle ce que trois paragraphes de description n'arrivent pas à dire.

Le point commun aux trois. Dans chaque cas, la vue aérienne ne sert pas à faire joli. Elle répond à une objection précise que l'acquéreur aurait formulée au téléphone, ou plus souvent, qu'il n'aurait pas formulée du tout : il serait simplement passé au bien suivant.

Faut-il forcément un drone

C'est l'hypothèse que presque tout le monde fait, et elle mérite d'être rouverte, parce que c'est elle qui a longtemps rendu le plan aérien inaccessible sur un catalogue ordinaire.

Un tournage par drone suppose quatre choses simultanément : un pilote déclaré, une fenêtre météo, une autorisation dès que le bien est en zone habitée ou proche d'un aérodrome, et un déplacement facturé. Sur un bien d'exception, l'équation tient. Sur un mandat courant, elle ne tient presque jamais, et c'est la raison pour laquelle tant d'agences renoncent au plan aérien après l'avoir essayé une fois.

La production à partir d'imagerie satellite lève ces quatre contraintes d'un coup. Le bien est situé, la parcelle est lisible, la caméra se déplace, et rien de tout cela ne demande de vol ni de déplacement. Le compromis est ailleurs : la méthode dépend de la fraîcheur de l'imagerie disponible, ce qui la met en défaut sur une construction récente ou une extension neuve.

Tournage par droneProduction sans vol
DélaiDépend de la météo et de l'autorisationIndépendant des conditions
ZoneRestreinte, interdite en certains secteursSans contrainte de zone
DéplacementFacturé, donc lié à la distanceAucun, une adresse suffit
Bâti très récentFidèle, puisque filmé le jour mêmeLimité par la fraîcheur de l'imagerie
Bien d'exceptionSupérieur, mouvement et lumière réelsSuffisant pour situer, pas pour sublimer

Autrement dit, la question n'est pas de savoir laquelle des deux méthodes est la meilleure, mais si le bien justifie un tournage. Sur la grande majorité d'un catalogue, la réponse est non, et c'est précisément là que le plan aérien devient enfin généralisable. Le cadre légal du vol, pour les cas où il se justifie, est détaillé dans l'article consacré à la réglementation.

Les biens où la vue aérienne n'apporte rien

  • L'appartement en étage. La vue aérienne y montre un toit et la façade d'un immeuble que l'acquéreur verra en trente secondes sur une carte. L'argument est ailleurs, dans la luminosité et l'agencement.
  • La maison de ville mitoyenne. Vue du ciel, elle est indiscernable de ses voisines. Pire, la plongée écrase le seul atout visuel d'une façade de bourg, qui est sa verticalité.
  • Le bien dont l'environnement est le problème. Cela mérite d'être dit franchement : si la vue aérienne dessert le bien, on ne la fait pas. Ce n'est pas de la dissimulation, c'est le même arbitrage qu'un photographe qui choisit son angle. En revanche, rien ne doit être effacé de l'image.

Le raccord entre la vue aérienne et l'intérieur

C'est le point technique que presque personne ne traite, et c'est pourtant ce qui distingue une prestation cousue d'un assemblage de fichiers.

Le risque courant consiste à livrer deux objets séparés, une vidéo d'un côté et une visite de l'autre, reliés par deux liens différents dans l'annonce. Cela fonctionne, mais l'annonce perd une partie de son public entre les deux : chaque clic supplémentaire coûte des visiteurs.

L'enchaînement utile va du large au détail. La vue aérienne situe, elle répond à la question d'implantation qui élimine ou retient le bien. La visite 360 prend le relais à la porte d'entrée. Présentés dans cet ordre, au même endroit de l'annonce, les deux formats travaillent l'un pour l'autre plutôt que de se disputer l'attention.

Enfilade de pieces vides avec parquet et porte ouverte, lumiere naturelle
À l'intérieur, la question change : ce n'est plus l'implantation qui compte, c'est l'enchaînement des pièces.

Le verdict

La combinaison n'est pas un forfait supérieur qu'on vend par principe. Elle se justifie quand le bien a un argument qui ne tient pas dans un cadre au sol, et elle se justifie très fort dans ce cas-là. Sur un appartement de soixante mètres carrés en centre-bourg, elle n'apporte rien et il vaut mieux mettre le budget dans une meilleure préparation des pièces.

Ce qui a changé récemment, c'est le coût d'entrée. Tant que le plan aérien supposait un vol, il restait réservé aux biens qui le méritaient vraiment. Produit sans déplacement, il redevient une option pour l'ensemble d'un catalogue, ce qui déplace la question du budget vers la seule qui compte : quelle objection d'acquéreur cette vue va-t-elle lever. Si la réponse ne vient pas en une phrase, le bien n'en a pas besoin.

Questions fréquentes

Faut-il une vue aérienne sur toutes les visites virtuelles ?

Non. Elle se justifie quand l'argument du bien tient à son terrain, à son environnement ou à des volumes qui ne se comprennent pas depuis le sol. Sur un appartement en étage ou une maison de ville mitoyenne, elle n'apporte rien et le budget est mieux placé ailleurs.

Peut-on obtenir un plan aérien sans drone ?

Oui. La production à partir d'imagerie satellite situe le bien et rend la parcelle lisible sans vol, sans autorisation, sans fenêtre météo et sans déplacement. Sa limite est la fraîcheur de l'imagerie disponible, ce qui la met en défaut sur une construction récente ou une extension neuve.

Quand le tournage par drone reste-t-il préférable ?

Sur un bien d'exception dont la valeur tient à une émotion, parce que le mouvement et la lumière réels ne se remplacent pas, et sur un bâti très récent que l'imagerie disponible ne montre pas encore. Dans les deux cas, il faut que la commission du mandat justifie l'autorisation, la météo et le déplacement.

Dans quel ordre présenter les deux formats dans une annonce ?

Du large au détail, et au même endroit. La vue aérienne situe le bien et répond à la question d'implantation, qui élimine ou retient en quelques secondes. La visite 360 prend le relais à la porte d'entrée. Deux liens séparés dans l'annonce font perdre une partie du public entre les deux.

PL

Pascal Lopes

Producteur de contenu visuel immobilier, basé à Condom dans le Gers. Vingt-cinq ans de production visuelle et de marketing, aujourd'hui appliqués aux annonces d'agences, d'hôtels et de domaines du sud-ouest.

En savoir plus  ·  pascal@pascaldeaguiar.fr

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