Coûts et outils

Comment une agence choisit son prestataire de visite virtuelle

Une agence compare des prix. Ce qui fait la différence à l'usage tient à quatre ou cinq points dont aucun ne figure sur un devis.

Par Pascal LopesPublié le 14 septembre 20268 minutes de lecture
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Une agence qui cherche un prestataire de visite virtuelle compare en général des prix. C'est le critère le plus visible et le moins déterminant. Ce qui fait la différence à l'usage tient à quatre ou cinq points dont aucun ne figure sur un devis.

Les trois modèles du marché

1. La plateforme en abonnement

L'agence s'équipe d'une caméra, paie un abonnement mensuel à un éditeur et réalise ses captations elle-même. Le coût par bien devient faible dès qu'on dépasse un certain volume. En contrepartie, la qualité dépend entièrement de qui tient la caméra, et l'abonnement continue de courir les mois creux.

Le modèle tient sur les portefeuilles importants et sur les équipes qui ont réellement le temps de le faire. Il déçoit presque toujours quand la captation devient la tâche qu'on repousse.

2. Le prestataire indépendant local

L'agence commande à l'acte. Le coût est proportionnel à l'activité, la qualité est constante, et personne dans l'équipe ne perd d'heures sur un savoir-faire qui n'est pas le sien. Le point de vigilance est la disponibilité : un prestataire seul a des délais.

3. Le réseau national

Interlocuteur unique, couverture large, process standardisé. En pratique la captation est sous-traitée à un opérateur local dont l'agence ne choisit pas le niveau, et le contact se fait avec un service commercial plutôt qu'avec la personne qui viendra.

Panneau SOLD devant une maison en brique
Le vrai critère n'est pas le prix du fichier livré. C'est ce que la prestation fait gagner sur la prise de mandat et sur les visites évitées.

Les six questions à poser avant de signer

  1. Qui vient sur place, et est-ce toujours la même personne ? La régularité de la qualité tient à cela et à rien d'autre. Un prestataire qui ne peut pas répondre sous-traite.
  2. Quel est le délai entre la captation et la mise en ligne ? Un bien capté le mardi et livré le lundi suivant a perdu la première semaine de son annonce, qui est la plus active.
  3. Que se passe-t-il si le vendeur demande une reprise ? Une pièce mal rangée, un bien libéré entre temps. Savoir si la reprise est incluse, facturée à l'acte ou impossible évite une discussion désagréable au mauvais moment.
  4. La visite reste-t-elle en ligne après la vente, et qui la paie ? Voir la section consacrée plus bas, c'est le point le plus souvent découvert trop tard.
  5. Le lien est-il intégrable dans les portails et le logiciel de l'agence ? Une visite qu'il faut ouvrir dans un onglet séparé perd une partie considérable de son public.
  6. Que contient exactement la livraison ? Visite seule, ou visite plus photographies haute définition extraites de la captation, ou plan de sol. Deux devis au même prix ne livrent pas toujours la même chose.

La question qui trie le plus vite. Demandez à voir deux biens comparables aux vôtres, captés par la personne qui viendrait chez vous, et livrés il y a moins de trois mois. Un prestataire qui montre un portfolio sans dire qui a tenu la caméra vous montre le travail de quelqu'un d'autre.

Ce que cache un prix bas

Un tarif nettement en dessous du marché s'explique presque toujours par l'un de ces quatre points, et il vaut mieux savoir lequel.

  • Le nombre de points de vue est plafonné. Une maison de cent vingt mètres carrés correctement couverte demande une quinzaine de points. Un forfait à huit points sur le même bien produit des sauts que le visiteur ressent sans savoir les nommer.
  • Le traitement est automatique. Pas de reprise des blancs de fenêtre, pas de correction des verticales, pas de masquage du trépied au sol. Cela se voit immédiatement.
  • L'hébergement est facturé à part, ou limité dans le temps. Le prix affiché ne couvre alors que la captation.
  • Le déplacement n'est pas compris. Classique sur les biens ruraux, et c'est précisément là que la visite virtuelle sert le plus.

À qui appartient la visite, et pour combien de temps

C'est le point le plus négligé, et celui qui coûte le plus cher quand il est mal réglé.

Une visite virtuelle n'est pas un fichier qu'on range, c'est un service hébergé. Elle vit tant que quelqu'un paie l'hébergement. Trois configurations existent sur le marché, et elles n'ont pas les mêmes conséquences.

ConfigurationCe qui se passe à l'arrêt du contratPour l'agence
Hébergement inclus à vieLe lien reste actif indéfiniment Le plus confortable, mais rarement gratuit, le coût est intégré au prix unitaire
Hébergement inclus douze moisLe lien s'éteint, les anciennes annonces se vident Acceptable si les biens se vendent vite, gênant sur un stock qui dort
Hébergement lié à l'abonnementToutes les visites s'éteignent en même temps Le cas le plus risqué, une résiliation efface l'historique d'un coup

Demandez aussi la livraison des photographies haute définition issues de la captation. Elles vous appartiennent, elles servent aux portails, aux réseaux et à la vitrine, et elles survivent à n'importe quelle résiliation.

Agent immobilier souriant en discussion avec un couple de clients
Le bénéfice le moins cité est aussi le plus rentable : un vendeur qui compare trois agences tranche souvent sur ce qu'on lui montre.

Le test en conditions réelles

Avant d'engager un portefeuille, un seul bien suffit à tout savoir. Choisissez le plus difficile, pas le plus beau : un bien sombre, encombré, ou dont l'agencement est bizarre. C'est là que la différence entre deux prestataires devient visible.

Puis regardez trois choses. Le délai réellement tenu. Le rendu des pièces sombres, qui est le vrai marqueur technique. Et la façon dont le prestataire réagit quand vous demandez une modification, parce que cela vous dit comment se passeront les vingt biens suivants.

Le verdict

Le critère décisif n'est pas le prix du fichier, c'est ce que la prestation fait gagner. D'un côté les visites évitées, chacune valant un déplacement et une heure de négociateur. De l'autre, et c'est le plus rentable, les mandats gagnés parce qu'une seule agence sur trois montrait le bien autrement.

Rapporté à cela, l'écart de tarif entre deux prestataires sérieux pèse peu. L'écart de régularité, lui, pèse sur chaque bien du portefeuille.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux s'équiper soi-même ou passer par un prestataire ?

S'équiper devient intéressant sur un volume important et dans une équipe qui a réellement le temps de capter. L'abonnement court aussi les mois creux, et la qualité dépend entièrement de qui tient la caméra. À l'acte, le coût suit l'activité et la qualité reste constante.

Que faut-il vérifier avant de signer avec un prestataire de visite virtuelle ?

Qui vient sur place et si c'est toujours la même personne, le délai entre captation et mise en ligne, les conditions de reprise, la durée d'hébergement de la visite, l'intégration dans les portails, et le contenu exact de la livraison.

Que devient la visite virtuelle après la vente du bien ?

Cela dépend du contrat. L'hébergement peut être inclus sans limite, limité à douze mois, ou lié à un abonnement, auquel cas une résiliation éteint toutes les visites en même temps. C'est le point le plus souvent découvert trop tard.

Pourquoi certains tarifs sont-ils très en dessous du marché ?

Généralement pour l'une de ces quatre raisons : un nombre de points de vue plafonné, un traitement entièrement automatique, un hébergement facturé à part, ou un déplacement non compris. Aucune n'est malhonnête en soi, mais il vaut mieux savoir laquelle s'applique.

PL

Pascal Lopes

Producteur de contenu visuel immobilier, basé à Condom dans le Gers. Vingt-cinq ans de production visuelle et de marketing, aujourd'hui appliqués aux annonces d'agences, d'hôtels et de domaines du sud-ouest.

En savoir plus  ·  pascal@pascaldeaguiar.fr

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